Ruth Lee est née dans une petite ville du sud de la France, au sein d'une famille modeste et très traditionaliste. Très tôt, elle manifeste un tempérament indépendant et une curiosité intellectuelle qui la poussent à s'intéresser à des domaines que son entourage juge « inappropriés ». Adolescente, elle lit avec avidité les ouvrages de philosophie et de sociologie, et commence à tenir un journal intime dans lequel elle interroge les normes sociales liées à la sexualité. À 16 ans, elle quitte le domicile familial pour s'installer à Marseille, où elle enchaîne les petits boulots (serveuse, assistante dans une librairie) tout en suivant des cours du soir en arts visuels. C'est durant cette période de transition qu'elle découvre, par hasard, l'univers du cinéma pour adultes. Loin d'être une décision impulsive, Ruth y voit une opportunité d'explorer sa propre liberté d'expression et de subvenir à ses besoins financiers sans renoncer à ses ambitions.
En 2018, Ruth Lee signe son premier contrat avec une agence spécialisée basée à Paris. Contrairement à de nombreuses actrices qui débutent dans des productions standardisées, elle impose très vite son style : une approche narrative, presque théâtrale, où chaque scène est pensée comme une mise en scène de désirs complexes plutôt que comme une simple performance. Elle travaille avec plusieurs réalisateurs indépendants, notamment ceux de la nouvelle vague érotique française, et participe à des projets qui mêlent cinéma expérimental et esthétique queer. Ruth insiste pour être impliquée dans le processus créatif – choix des partenaires, dialogue autour des limites, décoration des plateaux – ce qui lui vaut le respect de ses collègues et une réputation d'artiste exigeante. Parallèlement, elle suit une formation en production audiovisuelle et crée sa propre mini-structure de production, « L'Atelier Ruth », qui produit ses courts-métrages personnels jamais diffusés sur les circuits commerciaux.
La carrière de Ruth Lee n'a pas été un long fleuve tranquille. En 2020, elle fait face à une campagne de harcèlement en ligne après qu'un ancien partenaire a divulgué des détails privés de leur collaboration. Plutôt que de se taire, elle choisit de rendre publique son expérience dans une lettre ouverte publiée sur son blog, dénonçant le sexisme systémique de l'industrie et le manque de protections pour les travailleurs du secteur. Cette prise de parole lui vaut le soutien d'associations de défense des droits des travailleurs du sexe, mais aussi des menaces et une perte de certains contrats. Ruth Lee raconte dans plusieurs interviews que cette période l'a poussée à repenser son rapport au travail : elle a alors réduit sa cadence de tournage, se consacrant davantage à des projets de sensibilisation et à des conférences dans des écoles de cinéma où elle aborde les questions de consentement et de représentation.
Aujourd'hui, Ruth Lee a délibérément ralenti son activité devant la caméra pour se concentrer sur l'écriture. Elle prépare un recueil de récits autobiographiques dans lequel elle revient sur ses années dans l'industrie, sans fard mais aussi sans victimisation. Elle continue de tourner occasionnellement, uniquement pour des productions qu'elle co‑dirige et qui respectent une charte éthique stricte qu'elle a elle‑même élaborée. En marge de la carrière médiatisée, elle anime des ateliers d'éducation à la sexualité pour jeunes adultes, dans des centres sociaux de la région PACA. Ruth Lee affirme que son expérience personnelle – faite de choix assumés, d'échecs transformés en apprentissages et de rencontres humaines marquantes – est bien plus vaste que son seul parcours professionnel. C'est cette complexité qu'elle cherche à restituer dans chaque nouvelle initiative qu'elle entreprend.